CM du 7 avril 2011 : AGENDA 21
1° Une nécessaire réponse locale aux enjeux globaux du réchauffement climatique
Sur cet aspect du diagnostic, nous regrettons qu'il ne soit pas question d'adaptation au changement climatique en anticipant par exemple, le risque de canicule, et surtout, le risque de crues de la Seine.
2° Un développement solidaire au profit des habitants et en cohérence avec les territoires environnants
Sur ce point, il nous semble qu’il faille porter la solidarité plus loin que les territoires voisins, penser notamment à contribuer à l'effort que la région Ile de France doit faire pour construire des logements, des logements sociaux en particulier, penser aussi à tous ce qui concerne les transports et dont la frontière dépasse le territoire de l’agglomération.
Quant au point 6 du diagnostic qui souligne : Une nécessaire implication des acteurs locaux et un renforcement de la synergie avec les villes nous le partageons pleinement mais nous trouvons que jusqu’à présent les acteurs locaux n’ont pas été suffisamment pris en compte dans les premières phases de l’élaboration de cet agenda 21 qui vient trop exclusivement d’en haut, je veux dire de l’institution assistée par les experts qualifiés, bureaux d’étude et services qui bien sûr connaissent leur métier.
Si le forum de concertation de juin et les ateliers thématiques qui ont suivi, ont apporté beaucoup d’idées malgré la trop faible participation de la société civile, les quelques associations présentes qui ont enrichi la réflexion ne sont quasiment pas citées comme partenaires possibles ou souhaitables dans les 40 fiches actions qui constituent des propositions au service des 6 axes que décline l’agenda 21 de GPSO.
Or chaque fois qu’il est question de sensibilisation, d’information, mais aussi de formation, si nous voulons effectivement que de nouveaux comportements naissent et se développent, nous devons nous appuyer sur tous les acteurs de terrain et donc sur le riche tissu associatif de notre agglomération. Seule la LPO est nommément citée comme partenaire dans le champ de la sauvegarde de la biodiversité, nous souhaitons qu’il soit clairement fait appel à toutes les associations citoyennes intervenant dans nos territoires, qui traitent des sujets de l’agenda 21. Si nous voulons aboutir, tous les partenaires doivent être sollicités pour contribuer à mobiliser le plus possible de citoyens aux enjeux du développement durable. Ces partenariats passent par un soutien réel des associations, je veux dire par l’attribution de subventions qui leur permettent de mener à bien les missions qu’elles se sont fixées.
Je ne dirai rien de l’efficacité de l’enquête consultation réalisée auprès des habitants. Le chiffre de 600 réponses, sur plus de 300000 résidants de notre communauté d’agglomération parle de lui-même. Les journaux des communes déjà tellement chargés par la somme des informations locales constituaient-ils le meilleur support pour cette consultation ?
Après le diagnostic, nous avons un programme pour trois ans (2011-2013), avec 6 axes déclinés en 40 fiches-actions budgétisées et évaluables.
Plusieurs de ces actions sont déjà engagées dans différents domaines : la gestion des déchets avec l’innovation technologique de la collecte pneumatique qui concerne particulièrement Issy-les-Moulineaux, le renouvellement de l’éclairage public et l’assainissement. C'est normal, l'agenda 21 est une démarche transversale. Ce qui est moins normal, c'est la part énorme que prennent dans le budget de l'Agenda 21 ces actions qui auraient eu lieu de toute façon. Restera-t-il un financement suffisant pour les autres actions ?
Concernant ces 3 domaines extrêmement couteux nous souhaitons que les indicateurs de réalisations ne se bornent pas au décompte des réalisations mais s’attachent aussi par ex. à inciter et mesurer la réduction des déchets, Les économies d’énergies et la diminution des pollutions lumineuse.
S’agissant du schéma directeur d'assainissement pour limiter les sources de pollutions des milieux urbains et naturels : pas un mot sur les crues de la Seine. C'est pourtant un risque bien réel lié au changement climatique.
Sous le titre un peu fourre-tout d’engagement d’opérations exemplaires en matière d'habitat On peut relever:
la lutte contre la précarité énergétique, ce dont nous nous félicitons,
l'amélioration du parc existant, ainsi que les Maisons Relais et Résidence sociale pour l'hébergement, les résidences pour étudiants et les foyers de jeunes travailleurs, les logements à vocation sociale ou très sociale.
C'est beaucoup pour un budget de 10 500 000 € sur trois ans et la mesure de l'amélioration de l'efficacité énergétique des logements est quasi inexistante
Concernant la poursuite d’opérations en faveur des économies d'énergie dans l'habitat. C'est très utile, bon pour les budgets des habitants, bon pour l'emploi et bon pour la planète. Si le budget pour les résidences individuelles est proposé celui concernant les copropriétés reste à déterminer. Nous souhaitons qu'il soit conséquent pour accompagner cet effort.
Nous regrettons enfin un manque d'ambition pour relever les défis de la raréfaction des sources d'énergie non renouvelables et anticiper le changement climatique en réduisant nos émissions de Gaz à effet de Serre. Le Plan Climat Energie territorial proposera-t-il d'autres actions?
Pour les transports
- en positif, le recrutement d'un chargé de mission Plan de déplacements et les efforts mentionnés pour mettre en place un réseau de transports de proximité efficace à l'échelle communautaire, le budget confortable pour deux aménagements ponctuels, les gares de Meudon Val Fleury et le lien entre le quartier des Epinettes et la gare RER d'Issy….Solution attendue par les habitants depuis plus de 30 ans.
- en négatif le budget dérisoire et la grande lenteur de la mise en place du schéma directeur des liaisons douces.
Mais notre Agenda 21 est franchement insuffisant sur la production d'énergie renouvelable : les actions envisagées se limitant aux particuliers. Il faut viser les immeubles, et des espaces publics.
Je ne voudrais pas passer sous silence la question de l’insertion par les métiers de l’économie sociale et solidaire. Toutefois la fiche qui traite de cette question est ambigüe dans ses formulations. Elle parle davantage d’accompagner des entreprises classiques que la création d’un vrai secteur d’économie sociale et solidaire…et omet l’objectif de création d’emplois verts et celui de l’insertion.
Nous approuverons les grands principes de l’agenda 21 communautaire qui constitue un point de départ intéressant mais qui devra être amélioré sur les points que je viens d’évoquer. Nous approuvons la transposition de ces 6 axes et demandons à être associés étroitement au travail qui présidera à son élaboration. Nous apprécions l’engagement pris par la maire-adjointe chargée de ce dossier quant à la participation des associations compétentes et des conseils de quartier.
Gaby Santarelli